Archive pour août, 2013

Une campagne de financement, ça se planifie

28 août 2013

Une bonne campagne de financement, ça se planifie

Les organisations sont en constante recherche de financement, autant pour leur fonctionnement régulier que pour réaliser divers projets : construction d’un nouveau bâtiment, achat de matériel ou d’équipements, etc. Savez-vous que, seulement au Québec, il y a plus de 178 000 organismes à but non lucratif qui, à un moment ou un autre dans l’année, effectuent des démarches de sollicitation de fonds publics ou corporatifs? Ceci est sans compter tous les appels à la générosité spontanés dont notre quotidien pullule : les gens qui ont besoin d’argent pour soigner un enfant malade, les itinérants à qui on donne un peu de monnaie, etc. Il existe donc plusieurs petites et grandes sollicitations, et vous ne serez jamais seul sur votre territoire à vous y consacrer.

Voilà pourquoi il faut bien préparer votre campagne de financement. Les quelques questions suivantes devraient vous aider à mieux planifier vos démarches. Combien de personnes (alliés) vont contribuer à la sollicitation? Qui fera quoi? Est-ce que ces personnes ont déjà fait des recherches de financement dans leur milieu? Avez-vous été clairement désigné comme responsable de la sollicitation? Ou vous a-t-on dit, lors d’une réunion du personnel : « Tu serais bon ou bonne pour faire de la sollicitation, veux-tu t’occuper de la campagne, cette année? » Si vous avez été engagé pour la mise en place de la nouvelle sollicitation, vous retrouvez-vous sans aucun outil ou document susceptibles de vous aider à planifier la collecte de fonds? Disposez-vous d’un budget? Quelles sont les attentes de vos supérieurs ou de votre conseil d’administration?

Après avoir répondu à ces questions, répertoriez tous les documents qui ont été utilisés lors des sollicitations des cinq dernières années. Cela vous permettra de dresser un portrait réaliste des outils dont dispose l’organisation pour ce type de démarche. Ensuite, précisez avec l’ensemble de vos alliés sur le territoire qui fait quoi, et surtout combien d’heures chacun peut consacrer à votre campagne.

Prévoyez un plan de travail réaliste qui devrait comprendre 30 % de votre temps alloué à la promotion de la campagne et 60 % en préparation et sollicitation – comprenant la rédaction et la tenue des événements-bénéfices. Réservez 10 % pour faire un bilan de campagne et cibler ses réussites… de même que ses échecs, à éviter lors des futures sollicitations.

Préparez un calendrier annuel des tâches liées à votre campagne de financement : par semaine, par mois et par saison. Ne dérogez pas de cette planification et rappelez toujours à vos différents alliés qu’une bonne campagne demande préparation, conviction, objectif commun, et ce, autant au niveau de la promotion que de la finance.

Les Québécois…moins généreux

20 août 2013

Les Québécois… moins généreux?

 

Selon un rapport d’Imagine Canada, le Québec serait la province la moins généreuse au Canada en termes de dons aux organismes de charité, et ce, depuis plusieurs années.  

En 2010, les contribuables du Manitoba étaient les plus susceptibles de déclarer des dons de bienfaisance (26,3 %). […] Les autres provinces qui ont des taux de dons supérieurs à la moyenne sont la Saskatchewan, l’Île-du-Prince-Édouard, l’Ontario et l’Alberta. Sur le plan du don moyen, les résidents de l’Alberta étaient les plus généreux en 2010 (2 251 $), tandis que ce sont les contribuables du Québec qui ont déclaré le montant moyen le moins élevé (620 $)[1].

Voilà des statistiques peu flatteuses qui suscitent tout de même quelques réflexions. Est-ce que ces données tiennent compte du fait que le Québec est la province la plus taxée au Canada? Si on veut encore se comparer à l’Ontario, peut-on ne pas oublier que nous n’avons pas la même richesse que cette province qui compte le plus grand nombre de sièges sociaux de grandes entreprises au Canada? Et est-ce qu’on sait que plusieurs donateurs québécois ne demandent jamais de reçus aux fins d’impôt, parce qu’ils méconnaissent leurs avantages fiscaux?

On se doute que ce type d’étude ne recense pas tous nos petits gestes généreux. Le 2 $ que l’on donne à un itinérant, au coin de la rue. Le paiement à la caisse de l’épicerie dont 1 $ ira à une cause caritative. Le 2 $ déposé dans la tirelire transparente d’un musée ou d’un centre d’interprétation, en guise de contribution à leurs activités. Le 5 $ qu’on offre à un enfant pour soutenir sa participation à un tournoi sportif ou un projet scientifique.

Faites l’exercice d’additionner toutes les petites sommes que vous déboursez régulièrement, à gauche et à droite, vous serez probablement surpris du total annuel de vos dons spontanés. Et si vous décidiez d’offrir ce montant ou une part de ces dons à des organisations reconnues par le gouvernement, en échange de reçus qui vous permettraient d’obtenir un crédit d’impôt?

Une autre façon d’aider les OBNL à obtenir plus de dons est de proposer aux différents contributeurs de le faire en plusieurs versements, même de petits montants. C’est une manière de les inciter à donner et, comme dans les autres provinces canadiennes, à installer la tradition du reçu de charité.

À nous, gestionnaires d’organisations à but non lucratif, de mieux faire connaître les avantages fiscaux des dons, sur l’ensemble de nos outils promotionnels diffusés (exemple, par des tableaux comparatifs). Et offrons automatiquement des reçus aux donateurs, même si leur contribution semble minime.



[1] Extrait du Bulletin de recherche – Tendances des dons individuels : 1984 – 2010, décembre 2011 (Vol. 15 •No 1)

Imagine Canada est un organisme de bienfaisance qui assiste et appuie l’ensemble des organismes de bienfaisance et sans but lucratif.

L’importance de la gouvernance dans les organismes

7 août 2013

Vers une meilleure gouvernance démocratique

 

 

Saviez-vous qu’un leadership est essentiel afin d’éviter le piétinement, la confusion au sein de l’organisation? Mais qui doit assumer ce leadership? La personne à la coordination/direction, le conseil d’administration, le comité exécutif ou la personne à la présidence? Saviez-vous que la coordination est responsable du volet opérationnel tandis que le conseil d’administration est responsable du volet décisionnel de l’OBNL? Ou encore, que le pouvoir d’un conseil d’administration est assumé lors des réunions ou dans le cadre de tâches ou mandats spécifiques?

 

Il est sage de clarifier les responsabilités et les pouvoirs de l’ensemble des structures, ainsi que les acteurs et actrices de l’organisation (membre siégeant au CA, l’assemblée générale des membres, membre bénévole à la cuisine, équipe de travail…). De même que de préciser l’arrimage entre la coordination et le conseil d’administration.

 

D’autres conditions organisationnelles sont également cruciales afin de favoriser une bonne gouvernance. Avez-vous clarifié votre type de gestion et vos règles de fonctionnement? Vos outils sont-ils élaborés de manière efficace?  Quant à la relève au sein du conseil d’administration, avez-vous des mécanismes ou encore un guide d’accueil afin de favoriser l’intégration des personnes nouvellement membres? Un document précisant notamment, votre philosophie, vos valeurs… Et que dire des réunions, sont-elles motivantes? Donnez-vous un temps raisonnable pour leur déroulement ou encore, pour les débats et la prise de décision?

 

Quant au niveau personnel, la participation de vos membres, est-elle significative? Leur attitude est-elle positive? Quel est leur niveau d’engagement, les personnes ont-elles du temps à investir? Ou encore, quelle est leur motivation? Que font-elles afin de se familiariser avec les sujets? Peuvent-elles travailler en équipe de manière coopérative? Votent-elles selon leur  conscience et toujours dans le meilleur intérêt de l’organisation?

 

Enfin, il y a autant de conditions gagnantes relevant tant de l’organisation que des personnes elles-mêmes et par conséquent, il est important d’y apporter une attention des plus particulière et de manière constante et ainsi, tendre vers une meilleure gouvernance.

 Nathalie Lemieux, spécialiste en relation de travail et formatrice