Archive pour novembre, 2013

Deux fois plus de festivals au Québec

27 novembre 2013

Deux fois plus de festivals au Québec

Selon un sondage CROP effectué à la fin du mois de décembre 2010, le nombre de festivals au Québec s’élevait à 250 pour l’année. En octobre 2013, une vérification auprès de la Société des Attractions Touristiques du Québec (SATQ) et des Festivals et Événements Québec (FEQ) a révélé que ce nombre approchait les 500. Pratiquement le double, en moins de trois ans!

Nous savons que le gouvernement investit beaucoup dans ce type de manifestation. Ce sont des leviers économiques substantiels et des attractions touristiques importantes à plusieurs niveaux : local, régional, international. Cette offre événementielle procure au spectateur une qualité et une variété d’activités exceptionnelles. Cela l’oblige à devenir de plus en plus sélectif dans ses choix de consommation culturelle. Auparavant associés à la période estivale, ces événements ont maintenant lieu tout au long de l’année, avec des niches de plus en plus ciblées : clientèle famille, clientèle sensible à l’émergence, etc.

Pour les organisations, cette réalité a un impact sur la recherche d’entreprises partenaires (commanditaires). Il devient de plus en plus complexe d’établir des ententes entre les organismes promoteurs et les partenaires financiers. Vu la multitude de choix offerts aux consommateurs culturels, le partenaire a des attentes très élevées lorsqu’il s’associe à un festival. La rentabilité sur l’investissement à court terme. La relation entre l’image de marque (branding) de l’entreprise et les produits dérivés servant à prolonger l’impact commercial de l’entente. La diffusion et le rayonnement des messages versus la fidélisation. Etc.

Plusieurs festivals ne disposent pas de personnel à temps plein. Pourtant, élaborer les démarches de sollicitation d’entreprises demande beaucoup de temps et de précision. Les propositions d’entente doivent être très claires et détaillées au niveau quantitatif. L’analyse de la valeur marchande de l’événement. Les moyens à prendre pour promouvoir l’activité et leur coût. Les différentes formules de visibilité offertes aux partenaires et à quel prix. Etc.

De plus, le défi est considérable lorsqu’il s’agit d’approcher des grandes entreprises dont les décisions financières ne se prennent pas dans la région où se tiendra l’événement, mais dans un centre urbain ou une autre province ou pays.

Pour toutes ces raisons, certains festivals ont beaucoup de difficulté à boucler leur budget et à générer des profits qui pourraient être réinvestis dans l’organisation et son développement.

Devant cette problématique, certains festivals d’un même territoire auraient intérêt à unir leurs forces dans leur recherche de commanditaires. Jumeler leurs offres de partenariat pourrait aussi augmenter leur achalandage. Pour les commanditaires, la visibilité sur le territoire concerné serait également accrue, passant des quelques jours que dure un seul événement à plusieurs semaines d’activités diverses.

Suggestion de lecture : Pourquoi y a-t-il autant de festivals au Québec et comment en tirer profit

http://www.crop.ca/fr/blog/2010/50/#sthash.yvbvgxLT.dpuf

Avant la sollicitation, la réflexion

18 novembre 2013

Avant la sollicitation, la réflexion

 

On me demande souvent quelle est la recette miracle pour amasser rapidement des fonds. Depuis plus de vingt ans, ma réponse est toujours la même. La recette miracle n’existe pas, mais certains éléments sont essentiels pour réussir. Lorsque je donne des formations, je répète souvent que faire une sollicitation, c’est comme faire un gâteau. Si on oublie un ingrédient, il y a de fortes chances qu’il ne lève pas. C’est la même chose pour une recherche de financement. Avant de vous lancer, prenez le temps de faire le tour de vos ingrédients…

  1. Voici les premières questions à se poser. Quel est l’objectif financier de notre campagne? À la période où nous prévoyons faire la sollicitation, y a-t-il d’autres campagnes de financement et, si oui, quelle est leur durée : 1, 2, 3 ans? Trop souvent négligé, le sujet de la compétition doit être abordé : quels organismes ou quels types d’organisme seront en sollicitation en même temps que nous?
  2. Les questions suivantes portent plus particulièrement sur votre organisme. Notre organisation est-elle suffisamment connue pour attirer l’attention des médias et de nos partenaires? Avons-nous un porte-parole ou un président d’honneur qui appuiera nos sollicitations? Combien d’heures doit-on consacrer à la préparation de la campagne? En tant que responsable de la campagne, quelles tâches dois-je assumer? Puis-je compter sur le conseil d’administration? Ses membres seront-ils actifs ou plutôt effacés dans cette campagne?
  3. Une fois cette analyse effectuée, il est temps d’envisager le scénario d’un éventuel partenariat. Serait-il intéressant d’unir nos forces à un autre organisme et de faire une sollicitation commune? Cette alliance pourrait vous faire économiser temps, argent et énergie.
  4. Enfin, voici la question qui est probablement la plus importante. Est-ce que j’ai l’entière responsabilité de la campagne de financement ou est-ce que j’exécute des objectifs de sollicitation et un plan d’action que je n’ai pas choisis? Si je réalise un mandat auquel je n’adhère pas vraiment, ma motivation sera-t-elle au rendez-vous? Est-ce qu’une campagne conçue par une tierce personne ou un groupe est adaptable à notre réalité spécifique : locale, régionale, provinciale?

Les réponses que vous obtiendrez avec cette réflexion vous permettront de bien préparer votre plan d’action ou de le réaménager en y apportant des modifications que vous serez en mesure d’expliquer aux personnes concernées. Et vous serez prêt à passer à l’étape des sollicitations.

Le reçu aux fins d’impôt…encore faut-il le proposer

11 novembre 2013

Le reçu aux fins d’impôt… encore faut-il le proposer aux donateurs!

Les organismes de bienfaisance enregistrés qui peuvent délivrer un reçu officiel aux fins d’impôt omettent trop souvent de mentionner dans leurs documents de présentation les avantages fiscaux qui s’y rattachent, selon les différents donateurs sollicités. Comment expliquer que dans vos demandes on ne retrouve qu’occasionnellement un tableau avec les avantages fiscaux selon les différentes contributions (argent, matériel, œuvre d’art, actions d’entreprises, etc.)?

Ces renseignements sont pourtant disponibles sur le site de Revenu Canada, il suffit de les communiquer. Pour aller un peu plus loin, je vous suggère de visionner l’une des vidéos destinées aux donateurs et organismes de bienfaisance, via le site internet de Revenu Canada. Sachez également que chaque année, l’ARC peut effectuer des séances d’information gratuites sur le sujet, dans toutes les régions du Québec.

Ce ne sont pas tous les organismes de bienfaisance qui connaissent tous les avantages fiscaux et critères liés aux dons. Savez-vous qu’on ne peut pas offrir un reçu de charité à un donateur qui a obtenu de la visibilité par commandite lors d’un événement-bénéfice? Que s’il y a don d’une œuvre d’art de plus de 1000 $, vous devez recourir aux services d’un expert qui certifie cette valeur, avant de remettre un reçu? Que lors d’un événement-bénéfice on ne peut donner un reçu au montant exact du billet, puisqu’il s’agit d’un bien de consommation? Vous pouvez cependant produire un reçu équivalent au profit escompté. Par exemple, pour un billet qui coûte 50 $, après avoir soustrait le coût de l’événement (20 $), vous pouvez remettre un reçu de 30 $ à vos donateurs.

Le plus important est de connaître les différents avantages fiscaux et de bien les communiquer, ne serait-ce que pour éviter des frustrations chez vos partenaires et, il va sans dire, pour respecter les lois qui encadrent cette pratique.

En terminant, je vous invite à lire ou relire notre blogue du 20 août 2013, « Les Québécois…moins généreux », où il est notamment question de l’importance d’instaurer la tradition du reçu de charité dans vos sollicitations.