Archive pour avril, 2014

Engager du personnel à commission pour effectuer notre sollicitation: oui ou non ?

22 avril 2014

Engager du personnel à commission pour effectuer notre sollicitation : oui ou non?

 

Que ce soit par téléphone, par courriel ou lors de rencontres individuelles, on me fait souvent la demande suivante :

« Notre organisme a peu d’argent disponible pour engager un spécialiste en philanthropie. Et nous avons des besoins financiers à combler pour maintenir et développer nos services et activités. Est-ce possible de payer une personne à la commission? Quel serait le pourcentage raisonnable : 10 %, 20 %, 30 %, 40 %? »

À cette question, je réponds invariablement la même chose.

« Croyez-vous que vos donateurs seraient heureux d’apprendre que leur contribution – offerte généreusement pour soutenir votre organisme – n’est pas remise en totalité à votre organisation? Croyez-vous vraiment que les grands donateurs privés et publics, les fondations philanthropiques et les communautés religieuses comprendraient cette relation avec votre communauté? »

La plupart des spécialistes en philanthropie respectent un code de déontologie mis en place par l’Association des professionnels en gestion philanthropique. Ce code d’éthique stipule clairement que : Les collecteurs de fonds payés, qu’ils soient des employés ou des consultants, sont rémunérés sur la base de salaires, de provisions pour services à rendre (retainers) ou d’honoraires, mais n’ont pas droit à des primes d’intermédiation (finder’s fées), des commissions ou d’autres formes de paiement calculées sur le nombre de dons reçus ou sur le montant des fonds recueillis.

La collecte de fonds d’une organisation à but non lucratif nécessite la participation de tout un chacun. Mettre en place une campagne de financement demande du temps, du doigté, une vision commune, de la transparence et de la régularité. Pour fidéliser vos donateurs, vous devez penser en termes de résultats financiers à moyen et long termes.

Faire de la recherche de financement n’est pas si compliqué. Il s’agit essentiellement de bien s’entourer : vos contacts, vos fournisseurs, vos marchands locaux, vos membres actifs et sociaux… Si vous avez un message clair, un slogan attachant et des outils éducatifs de qualité, si vous faites bien comprendre aux donateurs la raison d’être de votre sollicitation et le but de votre démarche et, enfin, si vous faites connaître les contributions que vous obtenez… vous obtiendrez de bons résultats.

Ces résultats ne seront pas uniquement financiers : vous trouverez de nouveaux alliés naturels et même de véritables porte-parole qui vous aideront à promouvoir et vendre votre cause.

La chasse aux philanthropes

4 avril 2014

La chasse aux philanthropes

Quelle ne fut pas ma surprise de lire, en cette période hautement électoraliste, un article dans La Presse[1] sur la générosité de nos élus et les sommes qu’ils offrent via leurs actifs personnels!

Honnêtement, je suis tombée de ma chaise devant les propos de cet article : une vision simpliste sur la relation entre la pauvreté et la richesse versus la générosité. Peut-on réellement dire que nos élus ne sont pas généreux? Avons-nous toutes les données en main pour affirmer une telle chose?

Il est nécessaire de rappeler que la générosité peut s’exprimer de plusieurs façons. En donnant du temps à une cause. En s’impliquant bénévolement dans un conseil d’administration. Etc.

Plusieurs grands mécènes contribuent à l’amélioration de notre société, souvent dans la plus stricte confidentialité et sans grande visibilité médiatique. Ne serait-il pas juste de dire que la générosité est un geste unique et personnel que l’on pose selon ses valeurs, son parcours professionnel et ses expériences de citoyen?

Ne serait-il pas plus important de bien expliquer aux gens l’importance de soutenir, selon leur capacité, nos organismes qui représentent une force économique importante? De dire à la population que le gouvernement ne peut pas à lui seul financer tous les organismes du Québec et que nous devons y consacrer un peu de nos actifs personnels? De suggérer aux citoyens de donner aux organisations reconnues légalement comme organisme de bienfaisance, en échange de reçu aux fins d’impôts? De créer des incitatifs fiscaux plus avantageux pour stimuler la générosité? De développer notre capacité à devenir généreux, par exemple en créant des fondations personnelles via le réseau Fondation Communautaire du Grand Montréal? Ne serait-il pas plus profitable de mieux comprendre les multiples réalités des organismes pour mieux faire le pont avec les différents donateurs potentiels?

Au lieu de faire la chasse aux sorcières de ceux qui ne sont pas généreux, encourageons les personnes qui, souvent dans l’ombre, font des petits miracles.



[1]Les dons de charité de Philippe Couillard, chronique de Francis Vailles, La Presse, Édition du 28 mars 2014, section AFFAIRES