La chasse aux philanthropes

4 avril 2014

La chasse aux philanthropes

Quelle ne fut pas ma surprise de lire, en cette période hautement électoraliste, un article dans La Presse[1] sur la générosité de nos élus et les sommes qu’ils offrent via leurs actifs personnels!

Honnêtement, je suis tombée de ma chaise devant les propos de cet article : une vision simpliste sur la relation entre la pauvreté et la richesse versus la générosité. Peut-on réellement dire que nos élus ne sont pas généreux? Avons-nous toutes les données en main pour affirmer une telle chose?

Il est nécessaire de rappeler que la générosité peut s’exprimer de plusieurs façons. En donnant du temps à une cause. En s’impliquant bénévolement dans un conseil d’administration. Etc.

Plusieurs grands mécènes contribuent à l’amélioration de notre société, souvent dans la plus stricte confidentialité et sans grande visibilité médiatique. Ne serait-il pas juste de dire que la générosité est un geste unique et personnel que l’on pose selon ses valeurs, son parcours professionnel et ses expériences de citoyen?

Ne serait-il pas plus important de bien expliquer aux gens l’importance de soutenir, selon leur capacité, nos organismes qui représentent une force économique importante? De dire à la population que le gouvernement ne peut pas à lui seul financer tous les organismes du Québec et que nous devons y consacrer un peu de nos actifs personnels? De suggérer aux citoyens de donner aux organisations reconnues légalement comme organisme de bienfaisance, en échange de reçu aux fins d’impôts? De créer des incitatifs fiscaux plus avantageux pour stimuler la générosité? De développer notre capacité à devenir généreux, par exemple en créant des fondations personnelles via le réseau Fondation Communautaire du Grand Montréal? Ne serait-il pas plus profitable de mieux comprendre les multiples réalités des organismes pour mieux faire le pont avec les différents donateurs potentiels?

Au lieu de faire la chasse aux sorcières de ceux qui ne sont pas généreux, encourageons les personnes qui, souvent dans l’ombre, font des petits miracles.




[1]Les dons de charité de Philippe Couillard, chronique de Francis Vailles, La Presse, Édition du 28 mars 2014, section AFFAIRES

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